La femme vit par le sentiment, là où l’homme vit par l’action.
Le hasard est le plus grand romancier du monde pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier.
Dans les classes inférieures, la femme est non seulement supérieure à l’homme, mais encore elle le gouverne presque toujours.
Voilà comment nous sommes souvent trompés dans nos adorations. L’homme supérieur se moque de ceux qui le complimentent, et complimente quelquefois ceux dont il se moque au fond du cœur.
La conviction est la volonté humaine arrivée à sa plus grande puissance.
Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.
L’égalité peut être un droit, mais aucune puissance humaine ne saurait la convertir en fait.
C’est ignoble, mais je vis de ce métier, moi comme cent autres ! Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde littéraire : tout dans ces deux mondes est corruption, chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu.
On ne se figure pas ce que sont les tiraillements de la loi sur une douleur vraie. C’est à faire haïr la civilisation, à faire préférer les coutumes des Sauvages.
Ce crime avait été conseillé par la passion, par une de ces sorcelleries féminines si cruellement irrésistibles, que nul homme ne peut dire : Je ne ferai jamais cela dès qu’une sirène est admise dans la lutte et y déploiera ses hallucinations.
La seule épigramme permise à la Misère est d’ obliger la Justice et la Bienfaisance à des dénis injustes.
Et l’on peut dire avec assurance que si la Vendée fit du brigandage une guerre, la Bretagne fit de la guerre un brigandage
Voilà l’homme qui prêchera quelque croisade en faveur de l’égalité, lui qui ne se croit l’égal de personne.
Les gens qui aiment ne doutent de rien, ou doutent de tout.
Le sentiment que l’homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.
Les vocations manquées déteignent sur tout l’existence.
Au moment où, tout à fait absorbé par sa douce rêverie, Raphaël avait oublié son journal, Pauline le saisit, le chiffonna, en fit une boule, le lança dans le jardin, et le chat courut après la politique qui tournait comme toujours sur elle-même.
Beaucoup de gens accordent au café le pouvoir de donner de l’esprit mais tout le monde a pu vérifier que les ennuyeux ennuient bien davantage après en avoir pris.
En effet, les jeunes gens de Paris ne ressemblent aux jeunes gens d’aucune autre ville. Ils se divisent en deux classes : le jeune homme qui a quelque chose et le jeune homme qui n’a rien ou, le jeune homme qui pense et celui qui dépense.
Les hommes ne veulent jamais distinguer entre la constance et la fidélité.
Le monde a commencé par là, puisque Adam a vendu le paradis pour une pomme. Ça n’a pas été une fameuse spéculation, par exemple !
Il y a du bonheur dans toute espèce de talent.
L’effet le plus essentiel de l’élégance est de cacher les moyens. Tout ce qui révèle une économie est inélégant.
Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d’un mot !
En toute chose, l’on ne reçoit qu’en raison de ce que l’on donne.
Les artistes gênés sont impitoyables : ils fuient ou se moquent.
Un homme est bien fort quand il s’avoue sa faiblesse.
Le mariage est un sacrement en vertu duquel nous ne communiquons que des chagrins.
– Venez vite, M. Derville, le patron va rendre ses derniers comptes il a jauni comme un citron, il est impatient de vous parler la mort le travaille, et son dernier hoquet lui grouille dans le gosier.
Tous ces prétendus hommes politiques sont les pions, les cavaliers, les tours ou les fous d’une partie d’échecs qui se jouera tant qu’un hasard ne renversera pas le damier.