Quelques moralistes pensent que l'amour est la passion la plus involontaire, la plus désintéressée, la moins calculatrice de toutes, excepté toutefois l'amour maternel. Cette opinion comporte une erreur grossière. Si la plupart des hommes ignorent les raisons qui font aimer, t…
Le propre des doctrines absolues est d'agrandir les plus simples actions en les rattachant à la vie future; de là cette magnifique et suave pureté du cœur, et ce respect des autres et de soi; de là je ne sais quel chatouilleux sentiment du juste et de l'injuste; puis une grand…
Tout ce qui tourne en malheur pour une femme abandonnée se change en bonheur chez un homme abandonné
Les femmes sans âme n'ont rien de moelleux dans leurs gestes.
La finesse qui réussit toujours est peut-être la plus grande de toutes les forces.
Aimer sans espoir, être dégoûté de la vie, constituent aujourd'hui des positions sociales.
Si la jeunesse qui n'a pas encore failli est sans indulgence pour les fautes des autres, elle leur préte aussi ses magnifiques croyances. Il faut en effet avoir bien expérimenté la vie avant de reconnaître que, suivant un mot de Raphaël, comprendre c'est égaler
Le dépit d'une femme souhaitée a de bien puissants attraits; sa soumission comme sa colère est si impérieuse, elle attaque tant de fibres dans le cœur de l'homme, elle le pénètre et le subjuge
N'est-ce pas une immense conquête pour un homme que d'occuper une femme ? Chez elle , il doit nécessairement se faire un progrès dans un sens ou dans l'autre.
L’ivresse vous plonge en des réves dont les fantasmagories sont aussi curieuses que peuvent l’être celles de l’extase.
Soupçonner une femme est un crime en amour.
Dès qu’il s’agit de mariage, tous les hommes se déguisent, et les femmes leur en donnent l’exemple. J’entends dire depuis que je suis au monde : « Monsieur ou mademoiselle une telle a fait un bon mariage.» Il faut donc que l’autre l’ait fait mauvais ?
Parler d’amour, c’est faire l’amour.
La curiosité plaide toujours la cause des amants.
Il vient à la surface des cœurs les plus nobles et les plus purs des boues soulevées par les ouragans. ‘
Il existe deux espèces de discrétions: discrétion active et discrétion négative. La discrétion négative est celle des sots qui emploient le silence , la négation , l'air renfrogné , la discrétion des portes fermées, véritable impuissance! La discrétion active procède par affir…
Le sort d'un mariage dépend de la première nuit.
Il est extrêmement rare que les jeunes gens poussés à un suicide le recommencent quand ils en ont subi les don: leurs. Lorsque le suicide ne guérit pas de la vie, il guérit de la mort volontaire.
Inventer en toute chose, c'est vouloir mourir à petit feu; copier, c'est vivre.
Par un beau temps, le moindre bruit a de la gaieté; mais, par un temps sombre, la nature n'est pas silencieuse, elle est muette.
Il est des êtres qui ont le privilége d'étre parmi les hommes comme des astres bienfaisants dont la lumière éclaire les esprits, dont les rayons échauffent les cœurs.
Tous les sentiments doux reposent sur l'égalité des âmes.
Une passion change souvent en un moment le caractère : l'indiscret devient diplomate, le poltron est tout à coup brave.
Quand l'avarice se propose un but, elle cesse d'être un vice, elle est le moyen d'une vertu, ses privations excessives deviennent de continuelles offrandes, elle a enfin la grandeur de l'intention cachée sous ses petitesses.
L'amour préfère ordinairement les contrastes aux similitudes.
Les tendresses absolues ont horreur de toute espèce de désaccord, méme dans les idées qui leur -sont étrangères.
La femme n'est égale à l'homme qu'en faisant de sa vie une continuelle offrande, comme celle de l'homme est une perpétuelle action.
L'ordre des plaisirs est du distique au quatrain, du quatrain au sonnet, du sonnet à la ballade, de la ballade à l'ode, de l'ode à la cantate, de la cantate au dithyrambe. Le mari qui commence par le dithyrambe est un sot.
Plus un bénéfice est illégal, plus l'homme y tient. Le cœur humain est ainsi fait.
La seule épigramme permise à la misère est d'obliger la justice et la bienfaisance à des dénis injustes. Quand les malheureux ont convaincu la société de mensonge, ils se rejettent plus vivement dans le sein de Dieu.