Les époques déteignent sur les hommes qui les traversent.
Telle femme incapable de se rappeler les événements les plus graves se souviendra toute sa vie des choses qui importent à ses sentiments.
Aller au-devant de son aimé est une faute que peu d'hommes savent pardonner. La plupart d'entre eux voient une dégradation dans cette céleste flatterie.
Les atomes crochus, expression proverbiale dont chacun se sert, sont un de ces faits qui restent dans les langages pour démentir les niaiseries philosophiques dont s’occupent ceux qui aiment à vanner les épluchures des mots primitifs.
Les peines doivent produire sur l’âme de l’homme les mémes ravages que l’extrême douleur cause dans son corps ; or, cet étre intelligent, souffrant par une maladie morale, a bien le droit de se tuer au méme titre que la brebis qui,poussée par le tournis, se brise la téte contr…
Le malheur aussi bien que le bonheur vrai nous mène à la rêverie.
La plus faible créature pensante n'est-elle pas blessée dans ce qu'elle a de plus cher quand elle accomplit, par l'instigationdune autre volonté que la sienne, une chose qu'elle eût naturellement faite? De toutes les tyrannies, la plus odieuse est celle qui ôte perpétuellement…
Moins les femmes ont de vêtements, plus elles déploient de pudiques noblesses.
La bienfaisance qui réunit deux étres en un seul est une passion céleste aussi incomprise, aussi rare, que l’est le véritable amour; l’un et l’autre est la prodigalité des belles âmes.
Quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, il existe un magnétisme admirable dont les effets ne trompent jamais. Le son de la voix, le regard, les gestes passionnés de l'homme aimant, peuvent s'imiter, une jeune fille peut étre trompée par un habile comédien ; mais, pour réussir, ne d…
La douleur, de même que le plaisir, a son initiation.
La première impression qui détermine les débordements d’une sensibilité longtemps contenue est suivie chez tous les jeunes gens de l’étonnement à demi stupide que causent aux enfants les premières sonneries de la musique. Parmi les enfants, les uns rient et pensent, d’autres n…
Les femmes ont un inimitable talent pour exprimer leurs sentiments sans employer de trop vives paroles; leur éloquence est surtout dans l'accent, dans le geste, l'attitude et les regards.
Plus un livre est beau, moins il a de chances d'être vendu. Tout homme supérieur s'élève au-dessus des masses : son succès est donc en raison directe avec le temps nécessaire pour apprécier l'œuvre.
Beaucoup de femmes sont plus amantes que mères , comme la plupart sont meilleures mères que bonnes femmes.
Quand l’œil se promène sur une femme parée qui montre une magnifique poitrine, ne croit-on pas voir le dessert monté de quelque beau dîner? Mais le regard qui se coule entre l’étoffe froissée parle sommeil, embrasse des coins friands et s’en régale comme on dévore un fruit vol…
La pédanterie est l’écueil de toute gravité prématurée
La vanité procède comme la femme: toutes deux elles croient perdre quelque chose à l'éloge et à l'amour accordés à autrui. Voltaire était jaloux de l'esprit d'un roué que Paris admira deux jours, de même qu'une duchesse s'offense d'un regard jeté sur sa femme de chambre. L'ava…
Le hardi philosophe qui voudra constater les effets de nos sentiments dans le monde physique, trouvera sans doute plus d’une preuve de leur effective matérialité dans les rapports qu’ils créent entre nous et les animaux.
L'amour a son blason.
En amour, toute âme mise à part, la femme est comme une lyre qui ne livre ses secrets qu’à celui qui en sait bien jouer.
L’expression des sentiments est d’autant moins démonstrative qu’ils sont plus profonds.
La littérature roule sur sept situations; la musique exprime tout avec sept notes; la peinture n'a que sept couleurs. Comme ces trois arts, l'amour se constitue peut-étre de sept principes; nous en abandonnons la recherche au siècle suivant.
Y a-t-il beaucoup de courages qui mesurent l'étendue de leurs dangers?
La plupart des hommes, comme des animaux, s'effrayent et se rassurent avec des riens.
Aussitôt qu'un malheur nous arrive, il se rencontre toujours un ami prêt à venir nous le dire, et à nous fouiller le cœur avec un poignard en nous faisant admirer le manche.
La morale a ses ruisseaux d'où les gens déshonorés essayent de faire jaillir sur les nobles personnes la boue dans laquelle ils se noient.
Parler d'amour, c'est faire l'amour.
Si pour beaucoup d'hommes la misère est un tonique , il en est d'autres pour qui elle est un dissolvant.
N’y a-t-il pas des pensées, des actions qui, en amour, équivalent pour certaines âmes à de saintes fiançailles ?