« Ma mère n’avait cessé de désirer qu’on me donnât une éducation classique. L’état de marin auquel on me destinait ne serait peut-être pas de mon goût, disait-elle ; il lui semblait bon à tout événement de me rendre capable de suivre une autre carrière. Sa piété la portait à souhaiter que je me décidasse pour l’Église. Elle proposa donc de me mettre dans un collège où j’apprendrais les mathématiques, le dessin, les armes et la langue anglaise ; elle ne parla point du grec et du latin, de peur d’effaroucher mon père ; mais elle me les comptait faire enseigner, d’abord en secret, ensuite à découvert lorsque j’aurais fait des progrès. Mon père agréa la proposition : il fut convenu que j’entrerais au collège de Dol. Cette ville eut la préférence parce qu’elle se trouvait sur la route de Saint-Malo à Combourg. »
Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
Je suis né gentilhomme. Selon moi, j’ai profité du hasard de mon berceau, j’ai gardé cet amour plus ferme de la liberté qui appartient principalement à l’aristocratie dont la dernière heure est sonnée.
Ma mère n’avait cessé de désirer qu’on me donnât une éducation classique. L’état de marin auquel on me destinait ne serait peut-être pas de mon goût, disait-elle ; il lui semblait bon à tout événement de me rendre capable de suivre une autre carrière. Sa piété la portait à sou…
Au XIIe siècle, les cantons de Fougères, Rennes, Bécherel, Dinan, Saint-Malo et Dol, étaient occupés par la forêt de Brécheliant ; elle avait servi de champ de bataille aux Francs et aux peuples de la Domnonée. Wace raconte qu’on y voyait l’homme sauvage, la fontaine de Berent…
Le printemps, en Bretagne, est plus doux qu’aux environs de Paris, et fleurit trois semaines plus tôt. Les cinq oiseaux qui l’annoncent, l’hirondelle, le loriot, le coucou, la caille et le rossignol, arrivent avec des brises qui hébergent dans les golfes de la péninsule armori…
Atala me fit un manteau avec la seconde écorce du frêne, car j’étais presque nu. Elle me broda des mocassines de peau de rat musqué, avec du poil de porc-épic. Je prenais soin à mon tour de sa parure. Tantôt, je lui mettais sur la tête de ces mauves bleues que nous trouvions s…