« La première impression qui détermine les débordements d'une sensibilité longtemps contenue est suivie chez tous les jeunes gens de l'étonnement à demi stupide que causent aux enfants les premières sonneries de la musique. Parmi les enfants, les uns rient et pensent, d'autres ne rient qu'après avoir pensé; mais ceux dont l'âme est appelée à vivre de poésie ou d'amour écoutent longtemps et redemandent la mélodie par un regard où s'allume déjà le plaisir, où point la, curiosité de l'infini. Si nous aimons irrésistiblement les lieux où nous avons été, dans notre propre enfance, initiés aux beautés de l'harmonie, si nous nous souvenons avec délices et du musicien et même de l'instrument, comment se défendre d'aimer l'être qui, le premier, nous révèle les musiques de la vie? Le premier cœur où nous avons aspiré l'amour n'est-il pas comme une patrie? »
Il y a peu de passions qui ne deviennent improbes à la longue.
Trop souvent le vice et le génie produisent des effets semblables, auxquels se trompe le vulgaire. Le génie n'est-il pas un constant excès qui dévore le temps, l'argent, le corps, et qui mène à l'hôpital plus rapidement encore que les passions mauvaises? Les hommes paraissent …
Un bonheur étendu, complet, ne nous fait pleurer que parce qu'il est une image du ciel, duquel nous avons tous de confuses perceptions.
Les honnêtes gens manquent de tact; ils n'ont aucune mesure dans le bien, parce que pour eux tout est sans détour ni arrière-pensée.
Si le triomphe de la vanité est un des enivrants plaisirs de la vie des grands hommes, il est toute la vie des étres bornés
Entre personnes sans cesse en présence, la haine et l'amour vont toujours croissant: on trouve à tout moment des raisons pour s'aimer ou se haïr mieux.